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T O P
I C R E V I E W
admin
Posted - 22/06/2006 :
08:15:25
Article parru dans La Dernière
Heure du 21/6/2006
La maladie Internet (21/06/2006)
Entre 2 % et 4 %
des enfants sont considérés comme
cyber-dépendants
BRUXELLES La cyber-dépendance –
lorsqu’Internet devient une véritable obsession – n’est pas
l’apanage des adultes. Les enfants, même parmi les plus
jeunes, sont eux aussi susceptibles de présenter des troubles
de ce type, comme le constate jour après jour le Pr Jean-Yves
Hayez, chef du service de psychiatrie infanto-juvénile des
Cliniques universitaires Saint-Luc. De fait, “2 à 4 % des
jeunes utilisateurs d’Internet sont vraiment
cyber-dépendants”. Une proportion apparemment faible, encore
qu’une étude a montré qu’en 2004 – la situation a sans doute
évolué depuis – “les jeunes âgés entre 12 et 17 ans ont
consacré 37 % de leur temps libre à la télévision, à Internet
ou encore aux jeux vidéos”.
L’accès à Internet se
justifie, poursuit Jean-Yves Hayez, par un triple objectif :
communiquer, s’amuser (jeux, téléchargement de musique…) et
s’informer. Quant à savoir s’il faut s’inquiéter de la place
que prennent les multimédias dans leurs loisirs, “la réponse
est nuancée”. Ainsi, “l’usage est positif jusqu’à une certaine
limite d’intensité. Heureusement, la majorité des jeunes ne
dépassent jamais ce seuil. Très peu s’enlisent. Globalement,
Internet est positif pour la confiance en soi et la
construction de l’identité. Les jeunes y trouvent aussi le
moyen de satisfaire leur curiosité, de décharger leur surplus
d’agressivité ou leurs pulsions sexuelles”.
Ils se
permettent aussi ce que le Pr Hayez qualifie de “petites
transgressions commodes” : désobéissance aux parents sur les
horaires ou les sites fréquentés, petits piratages… Et “selon
les sites ou les forums fréquentés, ils sont porteurs de
pseudoset de comportements différents qui leur offrent autant
de possibilités d’explorer les multiples facettes de leur
identité”. Aspects positifs, donc, mais facettes négatives,
aussi. “Le sentiment de compétence peut se transformer en
ivresse de toute-puissance”, poursuit le Pr Jean-Yves Hayez.
“L’adolescent devient esclave d’une machine lui procurant tant
de jouissances et d’illusions, et le poussant même à
expérimenter dans le monde réel l’une ou l’autre stratégie
violente dont il s’est déjà repu virtuellement”. Dans le même
ordre d’idées, “la sexualité peut se focaliser sur un point
particulier et la réduire à sa dimension pornographique ou
perverse. Le jeune peut rechercher des connaissances
antisociales; d’autres, manquant fondamentalement de confiance
en eux, se coupent des liens sociaux et ne fréquentent plus
que des cybermondes. Enfin, l’éducation et la critique étant
absentes, l’enfant est confronté à trop de savoirs erronés et
superficiels.”
Le rôle des parents est évidemment
important. “La durée de fréquentation des multimédias doit
être contrôlée et ceci depuis l’âge le plus tendre,
c’est-à-dire celui des Gameboys. Ce temps ne doit pas mordre
sur les tâches scolaires ou les besoins en sommeil réparateur.
Par ailleurs, je ne crois pas en l’efficacité des logiciels de
contrôle parental : ils ne sont qu’une illusion de sécurité.
Il est plus payant que les parents accompagnent les premiers
pas des jeunes sur Internet et protègent les plus sensibles
des sites ou jeux estimés traumatisants”.