
UNIVERSITE
CATHOLIQUE DE LOUVAIN
Faculté de psychologie et des
sciences de l'éducation
PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE DES AGES DE
LA VIE:
ENFANCE ET ADOLESCENCE
J.
DAY et J.-Y. HAYEZ
Considérations générales,
modélisation, diagnostic et traitement,
pédopsychiatrie sociale
J.-Y. HAYEZ
- Table des matières -
Première partie
Un peu d'histoire contemporaine : l'évolution des
demandes
et des pratiques en psychiatrie d'enfants et d'adolescent
Chapitre I : Quelques faits de société
§ I -
L'embrouillamini duquel la demande surgit vaille que vaille
§ II - Les
demandes : nombreuses et changeant partiellement de contenu
§ III - La
composition des équipes
§ IV - Une modélisation partielle de nos représentations
de la santé et de la maladie mentales
Deuxième partie
Modélisation biopsychosociale de la santé et de la
maladie
Chapitre I : Esquisse théorique
§ 1 - Ce qui nous
constitue
§ II -
Interactions des déterminants qui nous constituent
§ III - Une
esquisse clinique : le schéma des sommations
Troisième partie
Les
étapes du diagnostic et du traitement
Chapitre I : Préambule
Chapitre II : Une étape qui se veut principalement
diagnostique
§ I - Les
partenaires des entretiens
§ II -
Centrations des entretiens diagnostiques
Chapitre III : Communication d'une impression
diagnostique et négociation d'un traitement
§ I - Les
reformulations empathiques
§ II-
Propositions de travail et liberté de choix
Chapitre IV : Une étape qui se vent principalement
thérapeutique
§ I - Orientation
d'une famille vers une thérapie familiale
§ II- La guidance
des parents
§ III - La
réorientation des parents vers une psychothérapie personnelle ou conjugale
§ IV - Les
psychothérapies d'enfant
§ V - Les
rééducations
§ VI - L'enfant et
les médicaments
§ VII -
Réorientations sociale, culturelle et/ ou scolaire
§ VIII -
Séparation de l'enfant et de sa famille
§ IX - L'aide au deuil
Annexe I : Quelles psychothérapies pour les enfants
en âge d'école primaire ?
Quatrième
partie :
Pédopsychiatrie sociale
Première section : Equipements
collectifs destinés aux enfants : les institutions et
leur organisation
§ I -
Introduction et catégorisation
§ II -
Nomenclature et descriptions de quelques institutions
Deuxième section : A partir de
situations-type
Chapitre I :
L'adoption
§ I - Considérations
d'ensemble
§ - Eduquer un
enfant adopté
Chapitre II :
Alcoolisme (enfants d'alcooliques)
Chapitre
III : Détenus (enfants de détenus)
Chapitre IV :
Ecole
Chapitre V :
Handicaps
Chapitre VI :
Hôpital (enfants malades en hôpital général ou pédiatrique)
Chapitre VII : Immigrés non réfugiés politiques, non
riches (enfants de ces immigrés)
Chapitre VIII : Malades mentaux (enfants de malades
mentaux)
Chapitre IX :
Mauvais traitements physiques ou/et moraux
§ I - Quand
peut-on penser qu'un enfant est maltraite ?
§ II - Pourquoi ?
§ III - Que faire ?
Chapitre X :
Mauvais traitements : l'abus sexuel sur mineurs d’âge
§ I - Introduction
§ II - Un texte de
synthèse : "Abus sexuel sur mineurs d'âge"
§ III - Pour
sortir du mythe de l'omniprésence de l'abus sexuel :
"Un adolescent réalise sa sexualité dans sa
fratrie"
Chapitre XI : La
mort d'un proche (Enfant et mort d'un proche)
Chapitre XII :
Sans papiers (enfants de sans papiers)
Chapitre XIII :
Séparation des parents, divorce et recomposition familiale
§ I - Vécu de
l'enfant dans le contexte de la séparation
§ II -
Interventions et décisions susceptibles d'être positives pour l'enfant
§ III - Le mineur
d'âge dans une famille restructurée : ce qu'il y vit
et comment l'accompagner
Première
partie
Un peu d'histoire
contemporaine :
l'évolution des demandes et des pratiques
en psychiatrie d'enfants et d'adolescents
Nous souhaitons commencer ce
syllabus en esquissant comment notre discipline a évolué en trente ans. Pour ce
faire, nous vous proposons de larges extraits de l'article : " L'évolution
des demandes et des pratiques en psychiatrie d'enfants et
d’adolescents ". Cet article est paru dans la revue
Neuropsychiatrie de l'enfance et de l'adolescence, 2001, 49, 277‑286.
Chapitre
I
Quelques faits de société
§ I - L'EMBROUILLAMINI
DUQUEL LA DEMANDE SURGIT VAILLE QUE VAILLE
I. Un embrouillamini
Va en diminuant la proportion de
situations problématiques que les familles viennent nous exposer directement et
clairement, en demande d'une aide qu'elles identifient elles-mêmes. Le
" problème " est plus souvent d'abord comme happé dans un
embrouillamini d'intervenants plus ou moins compétents. Embrouillamini, avec
clivage des uns par rapport aux autres, bien plus souvent que réseau bien
organisé et complémentaire ! Nébuleuse de taille et de composition
variables : surtout sociale, ou socio-judiciaire. ou médicale, ou
scolaire ... à laquelle s'ajoutent encore les voisins, les grands-parents,
le psychiatre de Monsieur, et aujourd'hui, ces intervenants abstraits, capables
du pire et du meilleur, que sont les émissions T.V. et autres sites Internet.
Ballotté dans ces nébuleuses le
problème nous est assez rarement dérivé après une négociation claire avec la
famille, où nous aurions été identifiés pour ce que nous sommes. Plus souvent,
si certains intervenants pensent à nous, ils nous poussent cette famille sans
avoir vraiment travaillé le passage ... ou alors, ce sont les parents
eux-mêmes qui prennent l'initiative, mais comme la boule qui va d'un plot à l'autre
dans un billard électrique : nous voilà donc pris dans la nébuleuse des
intervenants, sans que les autres n'arrêtent pour autant leur action ni même
n'apprécient ipso facto la nôtre, ou même soient toujours clairement
identifiables.
II. Et ce qui s'en suit !
A - Notre
autorité morale en prend souvent un coup : le poids de nos paroles et de nos
propositions n'est plus ce qu'il a été : d'autres disent autre chose que nous,
et les familles se donnent le droit de peser le pour et le contre, de façon
déclarée ou non.
A nous alors de tenir compte de cet état de fait : ne pas ignorer les
interférences, voire même interroger activement à propos de leur existence ne
pas vouloir nous mettre au centre : inviter les familles à nous faire part
de tous les avis reçus chez nous et ailleurs : Quel est leur état d'esprit à ce
propos ? Comment vont-elles faire leur choix ? ; dialoguer et donner
notre point de vue à ce propos, mais avec délicatesse ...
B -
Corollairement, le cheminement de la demande et des offres faites à la famille
au fil du temps doit être reconstitué avec soin, plus que jamais :